La déforestation, premier impact de l'homme sur le climat

Les chercheurs ne cessent de se pencher sur l'évolution du climat. La déforestation n'y serait évidemment pas étrangère.

«Quel est l’impact du changement climatique actuel sur l’environnement et les sociétés humaines?» Telle est la question - qui est loin d'être nouvelle - à laquelle les acteurs du programme Eclipse (environnement et climat du passé) ont tenté de répondre récemment en étudiant les événements climatiques passés qui ont marqué l'histoire de notre bonne vieille planète Terre. Pour cela, les chercheurs en question ont utilisé des archives du climat inexploitées jusqu’à aujourd’hui.

Les relations entre le climat, la tectonique des plaques et la concentration de CO2 dans l’atmosphère ont été prises en compte. Il se révèle ainsi que le méthane aurait contribué au réchauffement du climat entre -50.000 et -40.000 ans. Parmi de nombreux résultats obtenus, citons l’hypothèse selon laquelle le «relargage» de méthane présent au fond des mers pourrait être à l’origine d’un changement de la composition atmosphérique et du climat. Grâce à des carottages, les chercheurs ont ainsi démontré que la concentration en méthane dans l’atmosphère a connu deux pics majeurs il y a 55.000 et 40.000 ans.

Un réchauffement qui pourrait faire froid dans le dos

Des périodes correspondantes à des réchauffements soudains de la dernière ère glaciaire. Il a aussi été démontré que la déforestation était le premier impact de l’homme sur le climat. Au cours des 10.000 dernières années, l’homme n’a cessé de contribuer à la diminution des surfaces boisées sur le globe et ce, à un rythme qui ne cesse de s'accélérer. Par ses activités agro-pastorales et ce, bien avant l’industrialisation aujourd’hui pointée du doigt, l’homme a donc pu servir de déclencheur. Diverses analyses de sédiments confirment l'existence d'installations humaines ayant contribué à une forte déforestation (500 ans avant notre ère). Or, cette déforestation a pu jouer un rôle important dans le refroidissement du climat qui a suivi cette période de l’Antiquité (sans arbres, la surface réfléchit davantage le rayonnement solaire).

Le même scénario s’est sans doute reproduit au cours du Moyen Âge qui a connu une forte déforestation et qui a été suivi du «Petit âge glaciaire» en Europe. Un phénomène qui n’aurait ainsi rien de nouveau en sorte. Les récents hivers tenderaient même à venir conforter cette hypothèse. Si bien que notre fameux réchauffement risque fort de faire le bonheur des amoureux de la doudoune et de la poudreuse. Une affaire à suivre qui pourrait donner froid dans le dos au cours des décennies à venir.

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