Shigeki Kuroda, exprimer la vitalité de l'univers

Fasciné par la beauté du monde, l'artiste japonais explore le spirituel à travers la représentation de motifs simples et universels
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Shigeki Kuroda est né en 1953 à Yokohama, au Japon. Très tôt passionné par la diversité des techniques artistiques, il commence à dessiner et à peindre à l’huile dès 1968, et crée ses premières estampes en 1972. En 1977, il obtient le diplôme de peinture à l’huile de la prestigieuse université d’art de Tama (Tôkyô) et, en 1979, une maîtrise en art. Il deviendra plus tard un excellent pédagogue, attentif à l’équilibre entre technique et sensibilité, entre le travail de la main et celui de l’esprit.

Après ses études, le jeune artiste se consacre d’abord à la photographie, avant de se dédier presque entièrement à la pratique de la gravure sur cuivre en taille-douce. La photographie tiendra néanmoins encore une place importante dans son travail, lui servant fréquemment d’outil d’observation et de source d’inspiration.

Une interrogation sur le temps et l'espace, traduite en termes simples et universels

Fasciné par la beauté du monde qui l’entoure, Shigeki Kuroda aime particulièrement évoquer les merveilles de la nature, dans de délicates œuvres chargées de poésie. Mais il s’interroge aussi sur les concepts d’espace et de temps, faisant osciller son travail entre sensualité et quête philosophique. Kuroda aspire à être un « homme de culture », ce qu’il traduit par « être un homme avec un esprit créatif ». Il réconcilie donc technique et pensée, travail manuel et intellectuel, les deux ne lui paraissant pas antinomiques, mais au contraire complémentaires, indissociables même.

A l’origine de ce questionnement sur l’espace et le temps de l’artiste se trouve la vision des premiers pas de l’homme sur la lune. Fasciné par cet événement, Kuroda n’a dès lors de cesse de retranscrire le fruit de ses réflexions, menées à travers deux approches très différentes, qu’il s’efforce d’unir harmonieusement, celles de la science et de la spiritualité. L’artiste s’appuie pour cela sur des formes lisibles par tous, apparemment banales, issues de notre quotidien ; sur deux objets surtout, porteurs d’une intense énergie. Le parapluie, qui développe une tension dès lors qu’on l’ouvre, suggère l’espace ; la bicyclette, élément dynamique, symbolise la notion de temps.

Des harmonies colorées riches de sens

Kuroda associe ces deux termes majeurs de son vocabulaire à des motifs géométriques simples. Alternant entre noir et blanc et couleur, il montre une grande subtilité dans les deux cas. Depuis les rouges francs et lumineux jusqu’à de délicates demi-teintes, Kuroda exploite toute la gamme des couleurs pour étayer son propos, conférant à chaque ton une puissance symbolique et une force vitale surprenantes.

Les choix colorés de Kuroda lui permettent également de retourner aux sources de sa culture natale, dont l’esprit s’imprime en filigrane dans chaque oeuvre, jusque dans les choix de certaines thématiques (les saisons, la vague...). Car si l’artiste a adopté des procédés artistiques occidentaux et questionne des notions universelles, il s’attache également à remonter aux origines de la spiritualité japonaise, masquées par plus d’un siècle d’occidentalisation.

En savoir plus

Artiste reconnu à l’échelle internationale, lauréat de nombreux et prestigieux prix dès ses années d’études, Shigeki Kuroda expose régulièrement au Japon, aux Etats-Unis ou en Australie. Il a également présenté ses travaux en Europe de l’Est et en France. Plusieurs musées à travers le monde possèdent des oeuvres de l’artiste, notamment le British Museum, les musées d’art de San Francisco, de Cleveland, d’Odessa, ou encore le musée d’art japonais Tikotin en Israël.

http://www.artelino.com/articles/shigeki-kuroda.asp

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