Les effets du réchauffement climatique sur la santé

Quelles peuvent être les conséquences de la montée des températures annoncées sur notre santé? Que pouvons-nous faire? Voici quelques pistes de réponses.

Le réchauffement climatique annoncé par les spécialistes entraînera de grands bouleversements écologiques, économiques et sociaux.

L'OMS estime qu'au cours des années 1990, 600 000 décès dans le monde ont été dus à des catastrophes naturelles liées à la modification météorologiques. 95% de ces décès affectaient les pays pauvres. Qu'en est-il dans les pays développés? Qu'en sera-t-il en ce qui concerne notre état de santé? Que pouvons-nous faire, individuellement, pour prévenir ces risques?

Certes, les effets du réchauffement climatique seront moins importants dans les pays développés car le niveau de vie est plus élevé et les politiques de santé publique sont plus efficaces mais les risques existent. Pour preuve, la canicule en 2003 a provoqué une très nette surmortalité: 19 490 décès de plus par rapport aux étés des années précédentes, des personnes âgées et fragiles pour la plupart mais également des travailleurs manuels d'extérieur victimes de déshydratation sévère, de coups de chaleur qui sont à l'origine, depuis, de l'activation du Plan canicule chaque été pour éviter un nouveau drame de ce genre. Cet exemple est bien la preuve que le réchauffement climatique peut toucher, certes sans commune mesure, les pays dits riches.

Comme il n'existe pas de solution pour réduire la température, la seule issue est de rejeter moins de gaz à effet de serre. Ainsi, la France espère diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050 (Plan Climat, 2004).

Les conséquences de la réduction de la couche d'ozone

La diminution de l'épaisseur de la couche d'ozone va augmenter le nombre de cancers. D'après le professeur Joseph Colin, président de la Société d'ophtalmologie, chaque fois que la couche d'ozone perd 1% de son épaisseur, les cancers augmentent de 4% et les cas de cataractes de 0,8%.

En effet, la couche d'ozone devenant moins protectrice car filtrant moins efficacement les rayons du soleil, les ultra-violets deviennent plus agressifs et peuvent être à l'origine de cancers de la peau (épithéliomas baso-cellulaires et spino-cellulaires, qui sont les plus fréquents mais les moins graves, ou mélanomes plus rares mais d’une malignité souvent redoutable). A ceci s'ajoute aussi les comportements des individus qui s'exposent aussi de manière plus inconsidérée au soleil par un effet de mode.

Comment se prémunir de ce risque? Tout simplement en appliquant les conseils de l'INCA (Institut national du cancer): éviter de s'exposer pendant les 4 heures autour du midi solaire, se mettre le plus possible à l'ombre, utiliser une crème solaire haute protection et renouveler souvent les applications enfin porter un chapeau et des lunettes de soleil qui filtrent 100% des UV, en particulier chez les jeunes enfants.

Les effets du réchauffement climatique sur les pollens

Là encore, quelques degrés de plus a une influence sur le cycle végétal: des hivers plus doux entraînent une floraison plus précoce et donc une pollinisation elle aussi plus précoce. Des études ont effectivement constaté que depuis 1985, selon les régions, la floraison a avancé de 5 à 10 jours. En conséquence, cela allonge la saison des pollens et donc les risques d'allergies! Par exemple, à Amiens, on a constaté que la pollinisation des graminées est passée de 45 à 62 jours et celle du bouleau de 20 à 30 jours, soit 50% en 20 ans!

A cela s'ajoute les effets de la pollution qui entraînent une réaction de la plante qui émet non seulement plus de pollen, mais du pollen plus allergisant, car les grains du pollen sont plus petits et pénètrent ainsi beaucoup plus profondément dans l'appareil respiratoire. Sale temps pour les allergiques!

Mais ce n'est pas tout. Le réchauffement climatique entraîne la remontée d'espèces allergisantes du sud vers des régions plus au nord et donc jusqu'à présent épargnées comme le frêne, l'olivier et la pariétaire. Ces nouvelles allergies se rajoutent donc à celles déjà présentes dans ces régions et touchent donc des individus qui jusque là étaient épargnés.

Que peut-on faire? Tout simplement éviter ces espèces allergisantes en ne les plantant pas à proximité si on on a des prédispositions allergiques et suivre le système d'alerte gratuit des pollens sur Internet ( www.pollens.fr ) afin de prendre un traitement anti-allergique le plus tôt possible avant l'arrivée des premiers pollens.

Les effets du réchauffement climatique sur la migration des insectes, porteurs de maladies infectieuses

Quelques degrés de plus entraînent le déplacement vers le nord de moustiques et autres insectes piqueurs, autrefois cantonnés dans les régions plus au sud. Ainsi, le moustique du Nil est apparu dans le Var et en Camargue il y a quelques années, générant fièvre mais aussi parfois des troubles neurologiques graves chez les sujets piqués par ce moustique.

Outre ces migrations, cela permet aussi la survie d'espèces qui avant ne résistaient pas aux rigueurs hivernales comme les tiques, provoquant une recrudescence de la maladie de Lyme dans les régions plus au Nord, autrefois plus épargnées.

Tout ceci fait craindre, dans les années à venir des risques non négligeables d'épidémies.

D'ailleurs, un groupe de travail sous l'autorité de l'Afssa s'est constitué il y a quelques années pour évaluer le risque d'apparition et éventuellement suivre le développement de six maladies animales liés au réchauffement du climat afin de s'y préparer au mieux.

Il est important de souligner cependant que la propagation de ces maladies infectieuses n'est pas seulement due au réchauffement du climat, mais également à la mondialisation et à l'essor des échanges de marchandises et aux déplacements humains. Le chikungunya en est la parfaite illustration: il est apparu en 2007 en Italie en "voyageant" dans de l'eau de pluie contenue dans des pneus transportés par bateau!

Pour terminer, une petite lueur d'espoir: l'hiver 2010-2011 est le plus froid depuis des décennies, de quoi se rassurer quant aux risques encourus.

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