Catherine Mavrikakis - L'éternité en accéléré

Réflexions quotidiennes, nostalgie des années 1980 et actualité politique sont au menu de ce e-carnet publié aux Éditions Héliotrope.

Après Bay City

En 2008, Catherine Mavrikakis publie Le ciel de Bay City , roman acclamé tant par les lecteurs du Québec que par la critique française. Récipiendaire du Grand Prix des Libraires ainsi que du Prix du Livre de Montréal, le roman raconte le quotidien banal et le grand ennui d’une jeune adolescente, vivant dans une banlieue des États-Unis. À peine deux années après la publication du roman, Mavrikakis offre un nouveau livre, un recueil de textes publiés d’abord sous forme de blogue, et ensuite réunis sous le titre L’éternité en accéléré .

Le blog

Mavrikakis, sur son blogue où les commentaires ne sont pas autorisés, publie 52 textes qui sont pour la plupart long pour le format, mais qui restent des fragments du passé ou du présent, entre la nostalgie et le rythme infernal du quotidien. 52 textes qui, mis à la suite les uns des autres, proposent une grande diversité de sujets, mais qui trouvent toujours un écho, une source commune, celle de l’auteure – son regard.

L’éternité en accéléré est donc un « e-carnet » imprimé : il stoppe le cours rapide du blog qui se veut d’actualité, spontané, et qui suit le rythme de la pensée. Comme une photographie polaroïd, ce sont des instantanés de la pensée de Mavrikakis qui sont montrés sur le blogue, et ensuite rassemblés dans un album photo, ayant L’éternité en accéléré pour titre.

Entre nostalgie et culture pop

Certains textes comme « Le K-Mart » ou « Sartre à la télé » ramènent le lecteur à Bay City, dans la maison trop propre de la tante, lieu principal du roman Le ciel de Bay City . D’autres suivent avec grande attention les élections américaines, l’histoire de la famille Kennedy ou simplement la culture pop : Michael Jackson, Alice Cooper et Marylin Manson.

L'écriture

Catherine Mavrikakis offre ses réflexions, ses opinions, ses déceptions et ses petites victoires dans chacun de ces fragments. Mais c’est la grande part littéraire de l’auteure qui motive la plupart des réflexions. Ainsi, les voix de Roland Barthes, de Maurice Blanchot, de Théodor W. Adorno ponctuent les textes; ils expliquent ou stimulent simplement la pensée. Dans L’éternité en accéléré , Mavrikakis réfléchit; sur son métier d’enseignante, sur ses lectures, son écriture, sur son passé et son avenir. L’écriture est maintenant personnelle et autobiographique; très différente de l’écriture des romans précédents de l’auteure qui est souvent dure, violente, noire. Dans L’éternité en accéléré , elle écrit : « Et je ne crois pas être capable de pouvoir atteindre le beau par l’écriture. Je ne peux m’ancrer que dans l’horrible, l’immonde, même si dans ma vie, il y a un véritable désir de créer pour moi et les autres des lieux et des moments où la grâce et la douceur sont présentes. ». Toutefois, malgré cette nécessité de la laideur et de l’horreur, L’éternité en accéléré n’en est pas du tout sujet. Les thèmes abordés sont parfois noirs et remplis de guerre et de mort, mais dans l’ensemble, le recueil transpire une douceur et un plaisir à l’écriture. Une fenêtre sur le quotidien de l’auteure, sur ses sujets de prédilection (immigration, guerre, actualité, lecture), ses origines, et sur son travail d’enseignante.

L’ éternité en accéléré est un recueil qui se lit en fragments; comme une petite visite de Mavrikakis le temps d’une conversation et d’un café.

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