Hormone de croissance recombinante: premiers résultats

L'Afssaps a fait paraître les résultats de l'étude SAGhE montrant que la prise d'hormone de croissance augmente le risque de mortalité.
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L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a publié le 10 décembre 2010 les premiers résultats de l'étude SAGhE (Santé Adulte GH Enfant) qui a été mise en place en octobre 2007 avec, comme partenaires, la DGS (Direction générale de la santé) et l'INCa (Institut national du cancer).

Cette étude a permis d'évaluer l'état de santé des jeunes adultes prenant l'hormone de croissance recombinante pendant leur enfance durant les années 1985 à 1996. Les adultes ont été répertoriés grâce à l'association France Hypophyse.

Les analyses ont été effectuées sur le groupe d'adultes (7000 personnes) ayant eu un traitement pour un retard de croissance lié soit à un déficit en hormone de croissance, soit à une petite taille de cause inexpliquée. Les résultats montrent 93 décès dans ce groupe contre 70 pour une population de référence en France. Les patients ayant reçu de fortes doses (supérieures à celles recommandées dans les AMM: autorisation de mise sur le marché) ont plus de risques de complications vasculaires cérébrales (hémorragies intra-cérébrales) et de tumeurs osseuses, mais ces données ne prouvent pas que l'hormone de croissance soit mise en cause. Une étude sur l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne permettra d'en savoir un peu plus.

Les indications de l'hormone de croissance

L'hormone de croissance ou somatotropine est synthétisée, stockée et secrétée par l'hypophyse. Elle sert à la croissance du squelette et des cellules de l'organisme et permet chez l'adulte de conserver un rôle métabolique majeur.

Elle est prescrite chez l'enfant en cas de petite taille inexpliquée, syndrome de Turner ou retard de croissance intra-utérin ou chez les enfants ayant un déficit de de cette hormone lié à un défaut de développement de l'hypophyse ou une lésion de l'hypophyse due à une tumeur ou un traitement.

Les médecins ou pédiatres déterminent les doses à prescrire en fonction de la pathologie et de la taille de l'enfant. Le traitement se fait par injection par voie sous cutanée.

En France, on estime qu'il y a actuellement environ 10 000 enfants de moins de 18 ans qui sont traités par l'hormone de croissance recombinante. L'Afssaps recommande aux prescripteurs de respecter strictement les indications et les prescriptions et de réserver ce traitement aux personnes dont le bénéfice escompté serait grand et non pas pour gagner quelques centimètres.

Les patients utilisant cette hormone sont priés de consulter leur médecin prescripteur afin d'adapter la dose à leur besoin. Les patients qui ont utilisé cette hormone doivent également consulter leur médecin et ceci de façon régulière afin de surveiller leur tension artérielle.

Un numéro vert est à disposition des patients depuis le 11 décembre 2010: 0800 007 120

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